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Donnons le "La"

Le nom des notes de musiques (do ré mi fa sol la si) est issu d'un hymne religieux. C'est Guido d'Arezzo qui les a nommées en s'inspirant de l'hymne à Saint Jean.

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Le grand bleu sous la ville


Ce week-end j'ai vu le Diable. Pas vraiment le Diable en personne, mais un démon quand même. Il était là, passablement appuyé sur le rebord du lavabo de la salle de bain, en train de me toiser, lui aussi certainement face à un miroir.

Excité par mes perspectives sous-terraines, j'essayais tant bien que mal de me raisonner ; en vain je dois bien l'avouer. J'étais donc à mi-chemin entre détermination et résignation fataliste, en train de vérifier ma liste : une torche, un jeu de piles de rechange au moins, une bouteille d'eau, des gâteaux secs, des chaussures pourraves, des chaussettes jetables, un jean ante-diluvien. Je rejoins mes acolytes, compagnons taciturnes eux aussi préoccupés intérieurement. Mais enfin c'est stupide de stresser pour ça. Nous plions la carte cérémonieusement. On dirait des vieilles dames andalouses qui se rendent à la messe. Il y a quelque chose de processionnel dans notre attitude. Plusieurs mois de spéculations et recherches ont généré une excitation patiente, que les repérages des dernières semaines et leur frustration n'ont pas franchement amoindri.

Pendant le voyage, nos silences sont entrecoupés de questions précises et pragmatiques, de sourires entendus ; j'ai dans la tête des airs de Road Movie. Train, métro, RER, Cité U., Montsouris, Alésia, rue des plantes, petite ceinture et tunnel de montsouris. Et enfin le trou béant. Je souris en me disant je suis passé devant il y a trois jours sans le voir. Je ne sais pas pourquoi mais je pense à ce film de Carpenter : l'antre de la folie. Changement de piles, vérification des lampes. Finalement c'est juste marrant de se dire que son avenir proche dépend beaucoup de la capacité de deux alcalines à fournir de l'énergie à une Maglite. Pas d'ampoule de rechange, je préfère ne pas aborder le sujet. De toute façon, même si j'étais en slip, là face à ce trou, je ne pourrais plus faire demi-tour, alors à quoi bon ?

C'est plein d'une excitation contenue que nous avons fait nos premiers pas dans les sous-terrains parisiens. Au moins, on nous avait pas menti : noir, frais, exigu et humide. Des tunnels étroits, bas ou les deux, aux murs recouverts de glaise, le plafond goûtant d'une eau étonnement claire, et le sol parfois franchement bien inondé. Le rituel se veut précis, l'exercice demande une minimum de concentration. Aucune peur ne nous prendra véritablement, juste une certaine conscience du danger potentiel et infime. Il faut éviter les emmerdes et préserver un maximum ses forces, au cas où... Nous nous apercevons très vite que nous ne sommes pas seuls. Le petit stress du point lumineux qui vacille au bout d'un couloir interminable : alors flics ou cataphile ? Y a plus qu'à espèrer. Nous ne croisons que des humanoïdes non poulaga, que l'endroit rend proches de nous. L'hostilité du milieu peut-être. Le communautarisme sectaire certainement. Vraiment pas grand chose de surprenant, surtout après toutes ses recherches.

Pour l'instant pas vraiment le temps de faire le bilan ou de jauger ses émotions, ses impressions, nous nous attachons à nous repérer sur notre gigantesque plan dont nous n'utiliserons que deux A4 parmi les trente qui le composent. Me perdre est l'idée la plus effrayante que j'ai. Je vais vite comprendre qu'elle n'est pas vraiment justifiée. Pendant les premiers mètres, on tente de se prémunir de mouiller ses petits petons dans la peu rassurante flotte glacée, jusqu'à ce que finalement un dérapage incontrôlé vous y foute jusqu'aux chevilles. Après on fait moins dans le détail. Je me prends cinq secondes pour Indiana Jones et je me racle la tête sur ce putain de plafond. Mes envies d'aventure reprennent un chemin plus prosaïque de détermination et de concentration.

Habitués au plafond trop bas, à la flotte trop froide, à la lumière blafarde de la Maglite, finalement on est bien. Loin de tout pour le moins. Quelques frissons transgressifs et autres sensations adolescentes. Je ne saurai dire exactement qu'elle part de mon contentement est à attribuer à la réalisation d'une idée longuement mûrie et quelle part au lieu lui-même... Je ne suis même pas sûr que ce soit important. Pas de quoi s'étendre en lyrisme, mais tout de même l'expérience est intéressante, troublante, anecdotique et jubilatoire. On déplie le plan, puis on fait quelques repérages et inspection minutieuse des plaques de l'IGC. Je ne peux m'empêcher de sourire quand nous nous accordons à dire que nous sommes exactement sous Porte d'Orléans. Forcément, je pense aux badauds du samedi qui doivent arpenter, ignorants, le boulevard Jourdan. Réseau des PTT, direction "La Plage".

L'outil essentiel (juste après ceux, vitaux, suscités auxquels il faudra bien sûr ajouter une paire de bottes, une frontale et un casque ; il faut bien se faire baiser la première fois) c'est la montre. Putain 2h30 déjà, qu'on tourne là-dedans. À vue de plan, je dirais qu'on a fait environ trois ou quatre kilomètres, à vue de cuisses je dirais que j'ai fait le tour de France sans EPO. Saloperie de tunnel trop bas. Je suis littéralement exténué. Je commence à avoir des difficultés à maîtriser ma respiration, mes nerfs, je perds ma concentration et ma tête heurte quelques fois ce damné plafond. De la fatigue tout simplement, mais elle n'a pas la même saveur qu'à la surface. Elle signifie plus de chose. C'est peut-être ça qu'on vient chercher en plus de satisfaire une curiosité : un autre goût aux choses de tous les jours comme marcher, voir devant soi, savoir où on est et où on va.

Pour une première fois ce sera suffisant ; il s'agit de pas faire d'écarts qui pourrait se révéler étre un frein à une nouvelle et prochaine visite. Nous avons pris conscience de la taille fort respectable du plan et des perspectives qui nous attendent pour visiter tout ce dédale. Direction la sortie. Nous passons tout de même à côté d'un puits de service avec échelon et c'est difficile de ne pas espérer que la plaque au dessus de nos têtes ne soit pas ouverte. Ça nous éviterait une bonne heure de marche dans ce labyrinthe. L'espoir ne fait peut-être pas vivre, mais il fait monter les échelons sur 25 mètres, pour constater qu'effectivement celle-là est bien fermée comme la très grande majorité de ses consoeurs.

Sur le chemin du retour, je m'aperçois que je connais le plan quasiment par coeur pour le début. Parfois, on apprend vite. Parfois seulement. Je me demande soudainement, si je devrais pas ramener mes cours ici juste pour voir si ça voudrait pas rentrer aussi facilement.

Je suis content que l'entrée (et donc la sortie) soit dans un long tunnel. Transition douce. Je n'ai même pas envie de fumer. J'ai seulement envie d'une putain de douche, et d'enlever mes chaussettes gelées et détrempées. Mais mon avenir est ailleurs : un kebab aux halles et une soirée où nous ne dirons pas grand chose, plein de phantasmes détruits par leur réalisation.

Fabrizio

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Merci de ne pas jeter de cacahuètes aux personnes ne sachant pas s'exprimer...
[06/10|15:22] <Junk> mais meme celui d'apres...
[06/10|15:16] <Alcoofolies> Oui, j'ai eu un doute sur le premier commentaire.
[06/10|14:54] <Junk> [adresse web] <c'est moi, ou le niveau baisse?
[06/10|12:26] <Junk> ouah... ca c'est del a technologie de 1996, au moins! cela dit dans un browser, ca impressionne
[06/10|11:53] <Gilou> pour avoir la sensation de voler sur les montagnes
[06/10|11:52] <Gilou> [adresse web]
[06/10|10:28] <Junk> ah bon? t'etais pas e nfrance en 2--7 :p ?
[06/10|10:01] <gub> Moi aussi...C'est la premiere fois que j'ai peur, politiquement parlant
[06/10|08:36] <None> C'est vrai qu'elle fait plus Tatayet que femme de gouvernement!
[06/10|00:54] <Junk> Elle me fait vraiment peur, Palin...
[06/10|00:13] <mansuetus> une lolette avant dodo : [adresse web]
[06/10|00:09] <mansuetus> Tu crois pas si bien dire : baguette, steack/moutarde, avec une toastine :-)
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